La crise politique en République démocratique du Congo connaît un nouvel épisode de crispation autour du dialogue national inclusif, devenu un point de discorde majeur entre le pouvoir et une partie de l’opposition.
Réunis en conclave le lundi 2 février à Bruxelles, les cofondateurs du mouvement Sauvons la RDC Matata Ponyo, Franck Diongo et Théophile Mbemba ont vivement dénoncé le refus du président Félix Tshisekedi d’engager un dialogue inclusif.
Dans un communiqué conjoint, ils estiment qu’un tel rejet constitue une escalade politique dangereuse, susceptible d’exacerber les tensions et de fragiliser davantage la cohésion nationale, dans un contexte sécuritaire déjà très préoccupant.
Dans la même veine, le parti Envol, dirigé par Delly Sesanga, a fustigé ce qu’il qualifie d’approche unilatérale du chef de l’État. Le parti plaide pour un dialogue véritablement inclusif, fondé sur la liberté de participation, l’égalité entre les acteurs politiques et des garanties crédibles d’indépendance, assorties d’un engagement clair pour la mise en œuvre des conclusions qui en découleraient.
À l’inverse, la coalition Lamuka et le regroupement AddCongo ont salué l’ouverture affichée par le président Tshisekedi au principe du dialogue, tout en appelant à en préciser les objectifs.
Pour leur porte-parole, Prince Epenge, l’enjeu principal reste la récupération des territoires occupés, la pacification des provinces en crise, le renforcement de l’unité nationale ainsi que la mise en place de réformes électorales crédibles en perspective des élections de 2028.
De son côté, le parti Ensemble pour la République, de Moïse Katumbi, rejette catégoriquement ce qu’il considère comme un « simulacre de dialogue ». Le parti juge le processus dépourvu de crédibilité et de garanties de neutralité, et conditionne toute participation à une médiation conjointe de la CENCO et de l’ECC.
Face à ces positions divergentes, le président Félix Tshisekedi campe sur sa position : tout dialogue éventuel devra se tenir à Kinshasa et se dérouler sous l’égide des institutions légalement établies.
Un climat politique sous haute tension, alors que de nombreux acteurs continuent d’appeler à une concertation inclusive afin d’éviter une impasse politique durable.
Arsene Kavyavu